Potentiel pédagogique des cartes conceptuelles

Les cartes conceptuelles ou de connaissances se distinguent des cartes mentales ou heuristiques en ce que ces dernières servent à créer, à faire œuvre d’imagination, tandis que les premières servent à ordonner, à faire ressortir les liens logiques entre des concepts.

 

« La carte conceptuelle sert à communiquer un ensemble déclaré de connaissances. Elle servira au professeur pour présenter l’état des connaissances sur un sujet et aux étudiants pour communiquer leur représentation d’un domaine de connaissances nouvellement acquises. » BARRETTE Christian, « Cartes mentales ou cartes conceptuelles », in Logilibre, blogue de l’Association pour le développement technologique en éducation.

Les avantages pédagogiques

  1. « Des apprentissages signifiants : Selon Ausubel (1968), la création de liens entre les connaissances est fondamentale dans le processus de construction de connaissances puisqu’une information ne peut devenir une connaissance tant qu’elle n’est pas reliée de façon signifiante aux connaissances antérieures d’un individu. C’est d’ailleurs en s’appuyant sur cette théorie que les premiers usages de la carte conceptuelle en éducation ont été élaborés dans les années 1980 (Novak et Gowin, 1984).
  2. Une aide à la structuration des connaissances : Le fait de nommer les connaissances incluses dans la carte et de rendre
    explicites et plus précises des associations implicites et souvent confuses de mots favorise la construction de significations (Fisher, 2000) ainsi que l’organisation des connaissances en structures mentales cohérentes.
  3. Un traitement interne actif des connaissances : L’activité consistant à faire construire des cartes de connaissances incite l’apprenant à créer et à réviser constamment ses représentations internes (Anderson-Inman et al., 1998). Pour Anderson-Inman et Zeitz (1993), l’activité de création de cartes conceptuelles constitue une « stratégie d’étude active pour des apprenants actifs ». Pour Jonassen (Jonassen et Marra, 1994 ; Jonassen, 1998 ; Jonassen, 2000), l’activité de construction d’une carte de connaissances incite les apprenants à s’engager dans des processus de traitement profond des connaissances visées.
  4. Un outil d’amplification cognitive : Pour McAleese (1998) et Fisher (1990), la carte de connaissances constitue une extension de la mémoire de travail et permet ainsi de réduire la charge de traitement cognitif.
  5. Un moyen de favoriser la pensée réflexive : La carte de connaissances permet à l’apprenant d’adopter une position d’observateur face à ses propres connaissances et à ses processus cognitifs. C’est un excellent exercice pour apprendre à « manier les idées » (Novak et Gowin, 1984).
  6. Un outil d’autorégulation cognitive : La construction de cartes de connaissances peut faire émerger chez l’individu ce que Piaget a appelé des conflits cognitifs pouvant mener au changement conceptuel (Tsai, 2000). Placé devant de tels conflits, le sujet met en œuvre un processus d’autorégulation cognitive, conçu comme un processus intentionnel de résolution de tensions internes entre les représentations mentales de l’apprenant et leur représentation externe (McAleese, 1998). C’est pourquoi, pour Novak et Gowin (1984), l’activité de construction d’une carte conceptuelle permet d’ ‘apprendre à apprendre’.
  7. Une aide à la compréhension et à la mémorisation d’une représentation du domaine décrit dans un texte : Des recherches ont mis en évidence le rôle facilitateur de la création de cartes de connaissances pour la lecture et la mémorisation (Breuker, 1984). »

Source« Les logiciels de construction de cartes de connaissances : des outils pour apprendre », in Dossiers technopédagogiques, du site Profetic – Intégration des TIC et nouvelle pédagogie universitaire. Références médiagraphiques.

Dans le profil TIC

La carte conceptuelle a donc sa place dans l’application du Profil de sortie TIC des étudiantes et des étudiants du collégial. En produire est une habileté du profil TIC sous la grande catégorie 2.0 Traiter l’information2.2.1 Produire des cartes conceptuelles ou réseaux de concepts.

Par exemple, la schématisation conceptuelle est appliquée avec le logiciel CMap Tools dans le cours 120 T34, Élaborer des menus,  du programme d’études techniques Gestion d’établissements de restauration au Collège Montmorency.

Il existe de nombreux logiciels libres ou gratuits pour créer tant des cartes mentales ou heuristiques que des cartes conceptuelles ou de connaissances ; ce tableau en liste plusieurs. Le logiciel CMap Tools, non libre mais gratuit pour l’éducation, est l’outil idéal pour la création des cartes conceptuelles, avec une possibilité de collaboration.

Voir aussi l’article de Christian Barrette, dans Logilibre : Cartes mentales ou cartes conceptuelles.

Utilisez-vous les cartes conceptuelles dans votre pédagogie ? En faites-vous construire à vos étudiantes et étudiants ? Quels avantages et quels inconvénients y trouvez-vous ? Quel logiciel utilisez-vous ?

Pierre Cohen-Bacrie
Conseiller pédagogique
Collège Montmorency

3 réflexions sur “ Potentiel pédagogique des cartes conceptuelles ”

  1. Je me sers souvent des cartes conceptuelles pour modéliser des argumentaires, des relations logiques et des chaines causales. C’est effectivement un outil pédagogique formidable mais il faut savoir bien s’en servir. Les graphes produits par CMap sont une variété possible de représentation visuelle de l’information parmi d’autres. En général, il est crucial pour tout enseignant d’illustrer son propos au moyen des diagrammes appropriés, qu’il s’agisse de cartes conceptuelles ou autrement. Les diagrammes représentent beaucoup mieux les relations entre les parties d’un système qu’une description textuelle de ces mêmes relations.

    L’une des applications les plus incroyables des graphes, pour moi, consiste à représenter des réseaux de propositions au tableau–je m’explique.

    Dans un graphe, vous avez deux types d’éléments : des « objets » et des « relations ». Visuellement, on représente les objets par des bulles et les relations par des flèches qui relient ces bulles entre elles. Un excellent exemple est le sociogramme (http://en.wikipedia.org/wiki/Sociogram). Si on suppose que les « objets » sont des propositions (des énoncés déclaratifs) et que les « relations » sont des relations logiques (implication ou contradiction) alors on peut facilement représenter des réseaux de proposition à l’aide de logiciels comme CMap.

    Par exemple, on pourrait comparer deux théories en plaçant au tableau les principales hypothèses de chaque théorie. Avec des flèches, on pourrait exprimer que certaines hypothèses impliquent logiquement d’autres propositions ou qu’elles contredisent les hypothèses (ou les implications) de l’autre théorie. En ajoutant dans le graphe des données empiriques, on pourra montrer si les hypothèses permettent de les prédire ou au contraire prédisent des observations différentes de ce que révèle l’expérimentation. Au moyen des graphes, on pourra bien faire comprendre aux étudiants non seulement les avantages et les défauts de chaque théorie mais aussi exercer leur sens critique en leur demandant de faire des choix : créer une théorie qui implique les données sans contredire les données, puis la représenter par un graphe.

    Ce genre d’exercice est vraiment utile en sciences et en philosophie et probablement ailleurs aussi.

  2. Bonjour, bravo pour la précision de votre article et la qualité de votre réflexion. Il est vrai que les cartes conceptuelles sont moins utilisées que les cartes mentales. J’utilise parfois en classe les cartes conceptuelles mais plus souvent les cartes mentales, les élèves semblent mieux les appréhender. Cependant certains sont plus à l’aise avec les conceptuelles, ceux ayant un profil plus scientifique. Le foisonnement de l’arborescence des cartes mentales les perturbe quelque peu. Ils se sentent moins perdus avec l’aspect rectiligne des cartes conceptuelles. Pour le numérique j’utilise Cmaptools.
    Voici un exemple de tentative de cartes conceptuelles papier-crayon: http://classemapping.blogspot.com/2011/06/apprendre-la-guerre-froide-grace-aux.html.
    Voici le lien vers l’accueil du blog où je partage les travaux de mes élèves et ceux de collègues:
    http://classemapping.blogspot.com/
    J’ai également développé un outil de veille sur internet à propos des cartes heuristiques comme outil d’enseignement.
    http://www.scoop.it/t/classemapping
    et un deuxième pour montrer des Présentations Originales de Connaissances
    http://www.scoop.it/t/p-o-c
    Bien cordialement.
    L Gruez

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